A Joséphine,
Ce matin il fait jour dans ma nuit éternel;
Tellus tourne sans fin autour de son Soleil.
Lui seul te réchauffe en te serrant contre soi.
Alors tes yeux en émoi s’emplissent de joie,
Ton âme fleurit chantant et dansant à merveille,
Telle une naissance au sein d’un parfum maternel.
Mais à mille lieux de là j’observe avec effroi,
La Lune s’interposant entre Apollon et toi.
Froidement l’obscurité envahit ton ciel,
Effaçant toutes couleurs de ton arc-en-ciel.
Perdu au fond des nuées la vie disparaît,
Sans considérer que tu es désemparé.
La pluie se met à couler sur ta douce peau,
Creusant des ruisseaux noyant ton propre tableau.
Séchant tes larmes tu découvres des lueurs lointaines,
Dont l’une d’elles est à l’écart un peu rêveuse.
Tu entends faiblement sa brillante berceuse,
Pleine de tendresse partageant toutes tes peines.
De légers rayons se déposent sur ta joue frêle,
Sans mal l’Aurore fait fuir ta torpeur éternel,
Alors je m’efface en silence au chant de ton cœur,
Ecrivant ces paroles pour l’heure d’un autr malheur.
Tellus tourne sans fin autour de son Soleil,
Pendant que je sommeille attendant mon éveille.