Dans ce bistrot, ce bar, ce troquet, qui n’avait rien des salons de thé qu’alors, je fréquentais.
Mais tout d’un café bien laid, glauque et enfumé ;
Peuplé d’une vingtaine d’habitués, habitués au coude lever
Et il faut le noter , par quelques crânes rasés.
Ces déjantés venus tout exprès zoner, « fauner », emmerder le tavernier,
Et surtout persécuter les plus bronzés;
Dans ce café, un Homme il y avait...
Longs cheveux bruns bouclés.
Concentré, d’un geste discret il écrivait.
Et la tête ne relevait que pour happer une gorgée de café.
Tout entier absorbé par son carnet, il ne nous voyait ou entendait.
Dans ce café, Cet Homme il y avait.
Et moi, moi je l’observais, assise tout au fond du troquet.
J’étais dans mes petits souliers, dans mon tailleur griffé,
Faut avouer que je dénotais.
Ce que je foutais dans ce café ? Là n’est pas le sujet.
Dans ce café, cet Homme me plaisait…
Et quand les crânes rasés ont commencé
A le « chahuter », à le bousculer, à l’insulter…
Il n’a pas bronché, les a juste regardé, étonné.
Ses iris mer-de-Chine « encrés », aux longs cils ourlés,
Ne se sont pas troublés,
Lorsqu’ils l’ont giflé.
Et moi, Moi, tout au fond du café, me suis contentée… d’observer ! Terrorisée.
Et les habitués, n’ont pas bougé, ont juste continué au coude lever…
Seul le cafetier a tenté de s’interposer, j’peux vous jurer qu’ils l’ont calmé !
Alors les crânes rasés ont tapé…Tapé ! Tapé ! Tapé ! Frappé ! Frappé !
Des os ont craqué !du sang a giclé ! ça les a excités .
Et ces chiens ont hurlé,
Ont chanté,
Quand ils l’ont tabassé…
Et lorsqu’à terre il est tombé,
Ca ne les a pas arrêté, ils ont continué
Des coups de leurs souliers coqués lui asséner.
Oui, ces chiens ont hurlé, ont chanté,ont jubilé.
Ils l’ont massacré …En toute impunité.
Devant une vingtaine d’habitués, habitués ?
Aux faits , habitués ?
Dans un café, Cet Homme il y avait.
Je ne sais pas si j’ai hurlé, ce que je sais,
C’est que j’ai giflé ce policier,
Celui qui s’est exclamé :
« Un de moins à expulser ! »
Dans un café ….