Sur la rive d’un fleuve, étendu sur la terre
Une fleur se réveille aux rayons du matin
Se penchant doucement sur l’eau qui désaltère
Elle boit la nature et jouit du festin.
En ce jour de printemps, elle fait son entrée
Sans nul autre apparat que ses pétales d’or
Dans la cour des plus grand, sur la scène enviée
Du théâtre du temps, de ce coffre à trésor.
Soudain, voyant au loin une blanche colombe
Qui ses ailes répand, préparant son essor
La voilà qui l’envie et qui creuse sa tombe
Et se retrouve ainsi dans les tourments du sort.
La toute jeune fleur tout fraîchement éclose
Aura donc succombé à l’attrait de l’envol
A vouloir imiter cet oiseau grandiose
Elle étendit sa tige et se brisa au sol.
Dans son songe glorieux d’atteindre les nuages
Dans son rêve perdu de quitter ce décor,
La fleur a oublié ce que dit cet adage :
Toujours demeurer soi, l’ambition est un tort.
Gorgonzola ©