Je suis au sol, déchu, soufflé par une brise,
Emporté par un vent : le courant de l’ennui.
Arraché à mon trône et perdant toute emprise,
Je fais naufrage alors, dans la mer de l’oubli.
Mais qu’est devenu donc le repas du poète ?
Déchiqueté, fini. Eventré, oublié.
Où sont ses mots d’argent, où sont ces jours de fête ?
Sont-ils donc devenus vestiges du passé ?
Je suis ton roi secret ma reine Fantaisie,
Château de solitude au milieu des passions.
Comble du désespoir, je t’attends, je te crie,
Car nul ne peut sans toi, prétendre à la raison.
A l’éclat de ce feu, j’écris ces quelques lettres,
Victimes et témoins de leur propre décès.
Et je cherche et je cherche, en vain, comment renaître
Dans ces lieux dont mon cœur a perdu tout accès.
Gorgonzola ©