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Roman court : Junkee - suite

  
Posted by nirvanajm on 2008/3/19 16:25:08 (116 reads) News by the same author
Roman court



Je vous poste ici la suite de "junki" (faut que je change de titre!) avec le début que j'ai un peu modifié - bonne lecture -
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Il est assis et sagement il contemple son reflet. Bernard n’a pas l’habitude de se regarder dans un miroir. Il n’y découvre rien. Il est honteux et méprisable par son aspect. Ses cheveux sont sales, son oeil fatigué, ses vêtements troués et l’odeur - ah l’odeur! - c’est à croire qu’il ne la sent même plus.

Ici, il est tranquille, à l'abri de la société. Dans les toilettes d’un motel, en périphérie de New York, on ne peut rêver mieux pour une descente. Il tient dans sa main droite dix grammes de cocaïne. C’est du moins, ce que le dealer a voulu lui faire croire. En réalité, il n’y en a pas la moitié. Mais lorsque un junkee, accroc jusqu'à la moelle, vous échange deux ou trois bouts de papiers vert contre son saint Graal - son eau Jouvence – son éther – soyez-en sûr, il ne vérifie pas.

Qu’importe? Bernard attends sa rédemption depuis quatre jours. Quatre interminables jours où il lui sembla mourir. Et sa présence ici, plutôt que là-bas mort, n’a tenu que de l’espoir de trouver, un jour, ces quelques cristaux de nouveau unis dans le creux de sa main.

Il a peur d’en renverser sur le sol. Pareils joyaux doivent être manipulés avec précaution. Il entame son rituel machinalement, saisie une pincée de sa poudre blanchâtre, la dépose sur le rebord du lavabo et commence, à l’aide de sa carte bleue (depuis longtemps expiré), à battre en slave rythmique ce qu’il aime à appeler «Les cendres du Diable».

La voilà maintenant alignée en trois rangées, sa divine cocaïne. Il hésite longuement pour décider laquelle des trois serait privilégiée. Il savoure ce moment rare et se souvient, encore, de la sensation d’avoir le contrôle de son être. Non, avant il n’a pas eu le choix. Personne ne peut mettre sous silence un corps dépendant. Lorsque toutes les molécules de votre corps aspirent à un même dessein – «Il me faut un fixe, bordel!» - vous leur obéissez, sans condition, aucune.

Et il s'exécute – d’un trait, trois lignes.

Là, il est devant le fait accompli. Sa conscience - prise la main de la sac - ne peut nier davantage. Un sentiment de culpabilité l’envahit. Venu du fond de ses tripes, c’est une vague de souffrance qui le prend de toute part. Il ne peut bouger plus. Le ciment de remords fixe son corps. Ici et maintenant, il assiste passif, à une mise à mort.


Ne vous méprenez pas, Bernard ne meurt pas cet nuit-là. Laissons-le seul, pour le moment. Empruntons plutôt la route qui longe le motel, celle qui mène droit au centre-ville, vers Manhattan. Là-bas se trouve la haute société New-Yorkaise. Elle nous intéresse davantage.


En cet instant précédant la venue du soleil, dans cet tiédeur qui lui est propre, la nuit parait plus sombre que jamais. On peut croire de la ville endormie que tout ces habitants demeurent plongés dans leur ténèbres. Pourtant, regroupé au fond d’un bar, un petit cercle d’habitué, qui point ne dort ni ne l’envisage, vient ravivé cette sombre cité.

La conversation est bruyante. Ils sont quatre. Il ne reste qu’eux. Ils ont bu pour dix. L’un d’entre eux a sorti un gros cigare. Un autre finie sont verre et ordonne le suivant.

La barman, quant à lui, n’en peut plus. Il rêve d’une chose, qu’ils foutent le camp, tous. Il demande la chose poliment. La phrase a été soigneusement étudiée. Il a pris un ton neutre et soumis. Un des quatre, un peu en retrait des trois autres, sort de l’ombre pour lui répondre:

  • Va te faire foutre pédé! J’aime pas qu’on me lèche le cul avec des « Je vous pris Monsieur».

Il déclenche chez les trois autres une tollé - eux n’ont pas prit la peine de regarder cet intrus. Le barman, fébrile, n’insiste guère. Il regagne son bar, la queue entre les jambe. On entend, au loin, le tintillement d’un verre qui vient frappé le comptoir. C’est une double dose de Whisky que le barman s’est offert, considère méritée.

Ne vous fiez pas au costard de ces hommes là-bas, dans le fond. Si l’habit ne fait pas le moine, ici, le costard ne fait pas l’homme respectable. Trois n’ont jamais reçu instruction ni éducation et le quatrième, celui au cigare, est le pire d’entre tous. Il se nomme Marc Spencer. S’il aime à se distinguer de vous - prolétaire que vous êtes – au moyen ostentatoire d’ une montre en or, de chaussures à mille dollars et d’un costume neuf de chez Cerutti, c’est que, en retour, il attend de vous une certaine reconnaissance – jamais il ne dira, qu’on fond de son coeur, une haine profonde envers son père est sa raison première. Son métier? Je vous défie de lui demander – vous pourriez souffrir de cette indiscrétion. Sachez de lui seulement ceci: il est polyvalent et très doué en ce qu’il entreprend.


A sa droite, son plus proche ami. Peut être ce qualificatif n’a pas son sens commun dans sa bouche, mais c’est ainsi qu’il l'appelle – comme bon nombre des personnes qu’il côtoie, d'ailleurs. Son nom? Paul. Sa fonction ici ? Il est le bras droit de Marc. Son signe distinctif? Il lui manque un oreille. Pourquoi est-il le bras droit de Marc? Parce qu’il lui manque une oreille, c'est evident.


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ShAdDy
Posted: 2008/3/20 21:56  Updated: 2008/3/20 21:56
Joined: 2008/3/14
From:
Posts: 6
 Re: Junkee - suite
J'aime beaucoup ton texte, le style est un peu maladroit et tu mélanges parfois langage soutenu et familier mais je trouves ça mignon. On sens bien dès le début que tu crois en ton texte et que tu as pris du plaisir à l'écrire ce qui fait que le lecteur finalement prend du plaisir à le lire également, malgré le petit manque d'originalité quant aux anecdotes qui sont je dirais "classiques". En tout cas c'est très plaisant à lire, et si je peux me permettre un conseil tu devrais chercher à t'approprier les mots et expressions que tu emploies de façon à ce que le lecteur capte ton propre style et qu'il puisse te reconnaitre parmi d'autres textes. Continue comme ça! :)



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