Pléonasme était un homme discret.
Il faut bien admettre qu'avec un tel prénom,
il avait des épaules de béton à porter.
Il n'était pas coureur de jupons,
il n'avait d'yeux que pour une,
elle s'appelait Manon.
Il décida de prendre à son cou,
ses deux traits à main levée de jambes,
de déclarer son amour et d'en faire un bijou.
Droit comme un i il s'avança,
vers la brunette au teint poudré,
en soubresauts, il bredouilla.
Manon bien qu'elle fut si belle,
et en avait toute conscience,
n'en n'était pas moins péronnelle.
Elle commença par un sourire,
avec retenue et curiosité,
puis se moqua pour en finir.
Pléonasme se senti soulagé,
il n'en attendait pas moins,
d'avoir ainsi son coeur délivré.
Il savait que de lui elle ne voudrait pas.
Mais qui l'on aime,
on ne le choisit pas.