L’angoisse de la page blanche est de tous bien connue
Des milieux littéraires des auteurs à venir
Lorsque la sensibilité est mise à nu
Et n’a cependant rien d’inédit à offrir
L’artiste est assis, il examine, il fume trop
Tout autour de lui déchoit sans raison visible
Plus rien ne semble avoir d’authentique importance
Ses tentatives ne lui apparaissent que risibles
En vain il cherche en ses mots la juste constance
L’artiste est debout, il se cherche, il souffre trop
L’émotion probable charité salvatrice
Subtile réponse à ses paralysants tourments
Tient aujourd’hui le rôle d’une bien piètre actrice
Et ne parvient à verser goutte de son talent
L’artiste perd pied et espoir, il tombe, il pleure trop
Dans le souvenir réside peut-être l’évidence
L’éphémère et pourtant vitale inspiration
Dans la mémoire se trouve l’indispensable essence
Une épaisse brume en empêche la distinction
L’artiste désespère, il s’écroule, il rêvait trop
Rien de lui ne se transparaîtra sur papier
Il se couchera guérit de toute espérance
Morphée n’a pour l’écrivain aucune préférence
Sa torture à travers la nuit est prolongée
Mais l’artiste lutte, il croit, il espère à nouveau