Nouvelle-Poesie.com, Site de poésie  
 S'inscrire pour écrire | Glossaire poétique: 0-9  A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z   
Pub
French Proverb of Love



Trouver éditeurs ou livres


Recherche personnalisée

Nouvelles Littéraires : Déclaration de guerre à l’art contemporain.

  
Posted by bendesclou on 2008/3/12 15:24:34 (295 reads) News by the same author
Nouvelles Littéraires



Note de l'auteur : le genre de l'écrit suivant n'est pas réellement la Nouvelle, mais je rencontre quelques difficultés à attribuer un genre correspondant à mes récits, aux vues des peu de possibilités offertes.

« L’art pour l’art. » Il doit tressaillir du fond de sa tombe l’inspiré qui un jour a prononcé ces quelques paroles clinquantes. Il doit être envahi d’un désir ardant de revenir d’entre les morts pour s’insurger avec moi contre cette merde qu’on nous jette à la figure à coups de centaines de milliers de dollars comme étant de l’art contemporain, soit héritier du pop art et de son art éphémère, jetable, bon marché. En effet, il y a peu, alors que je tuais l’ennui à grandes doses de reportages sur arte (ou peut-être tv5, je sais jamais très exactement laquelle des deux je suis en train de regarder), je me réjouis de voir qu’après une raisonnablement courte pause de réclames, je pourrais me laisser divertir par une enquête sur l’art qui aujourd’hui déchaîne les ventes aux enchères.

Ce fut, à mon grand désarroi, bien mal imaginer les choses, car j’allais découvrir une des plus grandes aberrations du 21e siècle : l’art contemporain. J’y ai découvert que l’artiste le plus coté actuellement venait de vendre une chiure métallique, représentant un string des plus communs, rouge légèrement rosé, d’environ deux mètres et demi d’envergure, pour la modique somme de 300'000 ou 400'000 mille dollars, je ne sais plus exactement. De toute façon, 1000 dollars m’eurent déjà parus extrêmement abusifs, pour un semblant assemblage de métaux colorés.

Mais la supercherie ne s’arrête pas là ! Cet artiste, de renommée dans le milieu des initiés impressionnante, nous invite littéralement à entré dans son jardin de création, le point de naissance de l’œuvre d’art, le recoin le plus précieux, le plus secret de l’artiste. Il s’agit d’une usine de taule de plusieurs centaines de mètres carrés. Nous entrons et y découvrons une véritable petite armée d’artiste de seconde zone en herbe, travaillant les différents matériaux à grands renforts de chalumeaux, leur donnant la forme ébauchée par leur patron, l’artiste. Il nous fait même l’honneur de nous relater sa journée type de création : le soir, dans sa villa de plusieurs millions de dollars américains, devant son feu de bois sirotant son brandy a 1’400 dollars la bouteille, il a soudain une inspiration : un flash. Il attrape alors son ordinateur portable et avec un savant programme d’accordage d’images, il crée l’ébauche de sa future œuvre d’art, soit un chien en plastique noir et blanc, à langue rose, avec une bouée d’enfant à tête de dragon sympathique (pas de ceux qui font peur) verte fluo autour de la taille. Enfin, il prend deux grandes bouffées d’air et une longue gorgée de brandy pour se remettre de sa transe créative, il monte dans sa chambre à coucher de 240 mètres carrés, meublée à la japonaise, d’importation directe, pour se glisser auprès de sa dulcinée, deuxième dauphine du concours de miss New-York.

Le lendemain matin, il monte dans son imposant SUV de marque américaine, pas importée en Europe et se rend à son atelier (grand dieu !), où ses asservis l’attendent, un le café très noir à la main, prêts à le lui tendre dès son entrée. Puis il s’enfonce dans l’usine sans fond, avalant de temps à autre une obscure gorgée du gobelet jaune et bleu, mandatant ses sbires aux préparatifs des différentes parties du chien apprenti nageur. L’œuvre (je ne peux définitivement plus omettre la forme italique) sera achevée en quelques longs jours de pénible labeur quotidien de vigilance et ballades en SUV de la part de l’artiste, tout au plus deux semaines. Une fois photographiée et envoyée au service des ventes aux enchères, elle sera arrachée de l’espoir d’un élégant homme prématurément chauve, à petite moustache, par une blonde au visage tiré des quatre mêmes épingles que son tailleur de marque italienne, par une astucieuse ultime surenchère, élevant le prix à près de 250'000 dollars (apparemment moins difficiles à réaliser qu’un string de métal). Les ingénieux journalistes parviendront même à accompagner la chanceuse jusqu’à son immense appartement, qu’elle partage avec son mari, réputé avocat du district, mais malheureusement absent ce jour-là. On y découvrira son désespoir à l’idée de voir ses livreurs à gants blancs devoir déplacer une œuvre de ses murs dégueulant de tableaux et autres créations, pour pouvoir y suspendre sa dernière acquisition.

Plus tard dans le reportage, on y verra même une paire de belges, propriétaire d’un vraisemblablement rentable restaurant, visitant une gigantesque exposition d’art contemporain, à la recherche d’une œuvre pas nécessairement jolie, mais coûteuse, afin de procéder à un véritable investissement. Très rentable à long terme, si l’on a la patience d’attendre que la mort emporte l’artiste dans ses entrailles.

Il doit en effet se sentir bien outragé ce pauvre Théophile Gautier, s’il voit d’où il est se dérouler toutes ces conneries, il doit regretter de ne pas l’avoir emporté dans la tombe son « l’art pour l’art ».

C’est pourquoi, à sa mémoire, je déclare la guerre à tous ces attardés, ces pseudos amateurs d’art, ces abrutis trop gâtés par la vie à la recherche d’un investissement, et ces petits merdeux qui tentent de nous convaincre d’une vision artistiquement critique de la société de consommation en nous exposant un tas de détritus divers : pots de yaourts, emballages de chocolat, boîtes de conserve, paquets vidés de jambon en tranches, sachets de biscuits, rouleaux de papier toilette épuisés, entre autres ; qu’il a obtenu simplement en déchirant le sac à ordures de sa grosse voisine. Sans oublier les détraqués qu’ils arrivent à convaincre et qui s’amassent, chaque jour plus nombreux, dans des salles de ventes à la criée. La guerre est déclarée.

Printer Friendly Page Send this Story to a Friend Create a PDF from the article
The comments are owned by the poster. We aren't responsible for their content.
Poster Thread
Vetsine
Posted: 2008/3/12 16:01  Updated: 2008/3/12 16:01
Joined: 2008/1/22
From: Ile de la réunion
Posts: 213
 Re: Déclaration de guerre à l’art contemporain.
colère ô combien compréhensive ! Il m'est arrivé aussi quelquefois de m'irriter, déçue de m'être déplacée pour rien.Ce n'est pourtant pas faute de savoir que ce qui compte dans cette forme d'art, c'est le concept ...
Il me semble toutefois nécessaire d'ajouter mon grain de sel et avancer l'idée que l'art sert avant tout à exprimer et non à être reconnu et vendu: ce que tu évoques c'est du bisness et les médias souvent des complices.

Aiguise ton esprit,
ta vie est trop banale.
La mode c'est du vomi,
les media des chacals,
des parigaux bien mis
qui n'ont rien dans l'futal.
Vive les Etats-Unis
et la m.... en bocal.
Aiguise ton esprit,
les c... font la morale.
Ni dieu, ni maître aussi,
et vivent les fleurs du mal.

Alors la colère est mauvaise conseillère car tout n'est pas à jeter, ni chez les ricains, ni les parisiens, ni chez certains medias ... aiguise ton esprit.
KROLL
Posted: 2008/3/12 16:11  Updated: 2008/3/12 16:11
Joined: 2008/1/7
From: OIGNIES 62
Posts: 976
 Re: Déclaration de guerre à l’art contemporain.
l'art contemporain...un art voué à la spéculation où l'oeuvre n'est qu'une marchandise et l'artiste soit disant un génie..que devient la créativité, la spiritualité ? dans le monde d'aujourd'hui que penser de cet art "officiel"? merci bendesclou
coeurperdu
Posted: 2008/3/12 20:11  Updated: 2008/3/12 20:11
Joined: 2006/11/28
From:
Posts: 352
 Re: Déclaration de guerre à l’art contemporain.
Enfin ....je l'attendais avec tant d'impatience ce coup de gueule la....c'est tellement vrai...et tellement désolant....imagine un monochrome et regarde un cezanne , les deux seraient de l'art????????Mais pourquoi s'acharner a prendre les gens pour des cons...et surtout pour des annihilés d'émotions.....même le coeur a ses raisons....et en art si on ne fait pas appel a la passion....alors ou est l'émotion?????ce n'est plus de l'art c'est de la "communication" avec tout le sens pervers que ce terme a aujourd'hui a savoir que plus on nous donne de la "communication" (surtout virtuel de surcroit) et moins on communique....et je me suis retenue pour ne pas être vulgaire...mais ce coup de gueule je l'attendais trop....alors merci merci merci et encort merci.....
Virgile
Posted: 2008/3/12 20:44  Updated: 2008/3/12 20:44
Joined: 2007/12/17
From:
Posts: 277
 Re: Déclaration de guerre à l’art contemporain.
L'art contemporain dérange parce qu'il ne cherche rien de beau, de réaliste ou autre chose du même genre. On peut apprécier l'art contemporain en tant que simple spectateur sans prétention, sans recherche de compréhension, etc,... mais pour lui-même : l'art contemporain.
jokerscrap
Posted: 2008/3/12 21:32  Updated: 2008/3/12 22:18
Joined: 2007/4/28
From: Bretagne/Rouen
Posts: 221
 Re: Déclaration de guerre à l’art contemporain.
A vrai dire un tel discours...me choque. Oui, réellement. Ayant fait deux ans d'Histoire de l'art, de la préhistoire jusqu'au 20ème siècle, je pense pouvoir prétendre avoir une vue générale sur l'évolution de l'art, d'autant plus que depuis j'ai pu approfondir mes connaissances sur l'art contemporain proprement dit. Sans ces connaissances, même basiques, j'avoue que je penserais peut-être la même chose que vous. D'ailleurs il y a toujours certaines formes d'art que je n'apprécie pas (body art, happenings...). Cependant, avant d'exposer publiquement une critique aussi catégorique, il vaut mieux être réellement au courant de son sujet...L'art a toujours répondu à un questionnement, sur le beau, les canons, les méthodes d'expressions etc...Mais c'est aussi un reflet de la société dans laquelle vivent les artistes. Ensuite, comparer Klein à un Cézanne, mon dieu ! (excusez l'expression, mais là vraiment...). Cézanne, pour info, était un vieil aigri qui peignait tout seul sa peinture de rebelle (pour l'époque). Les cubistes se sont inspirés de sa peinture (première période du cubisme : le cubisme cézanien). Ensuite, Yves Klein était un perfectionniste, il a peint ses monochromes de façon à ce que la "patte" de l'artiste ne se voit pas. Son bleu est le fruit d'une recherche, il considérait que le ciel lui appartenait. C'est pour ça qu'il a choisi le bleu. Ensuite, le pop art est apparu dans une période de (sur)consommation : le début de la junk-food, du jetable etc...Le dadaïsme quant à lui pose la question du "qu'est ce que l'art ?" : tout est art, pour eux. Je vais arrêter là pour les exemples, mais je veux juste faire comprendre qu'il faut regarder derrière l'art. L'intention derrière une oeuvre. Les tecnhiques évoluent, pourquoi l'art non ? A votre avis pourquoi la peinture "réaliste" a-t-elle diminué à l'apparition de la photographie ? Les artistes d'aujourd'hui ont pour la plupart une très bonne connaissance de l'Histoire de l'art. Regardez les esquisses de Picasso, c'est un réel génie en dessin. Les artistes d'aujourd'hui sont capables de faire aussi "bien" que les anciens, mais quel en serait l'intérêt ? Il faut vivre dans son temps, avec des questions actuelles. Et si on ne comprend pas, on se renseigne. Surtout que la peinture plus ancienne (mais d'ailleurs laquelle est la bonne ? la peinture rupestre ? l'antique ? celle de la renaissance ? les impressionnistes ? les expressionnistes ? les cubistes ? les surréalistes ?) n'est pas forcément plus accessible, à partir du moment où on commence à creuser un peu.


Edit : franchement, Ingres c'est ch..., je ne vois pas d'autre mots...Il y a de la maitrise, ok ! Et c'est très intéressant. Mais je ne sais pas si un d'entre vous s'est déjà retrouvé devant un monochrome de Klein, mais là ça prend vraiment aux tripes, on reste scotché devant. Les deux sont différents, c'est tout.

Et pour répondre à Virgile : on ne regarde (surtout) pas l'art contemporain pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il "cache". C'est bien ça le truc. Un Pollock ne peut pas être abordé sans penser à la gestuelle mise en place, c'est le processus qui importe souvent plus que le résultat.

Quant à la poésie, si vous n'en voyez pas dans l'art contemporain, allez voir Goldsworthy, Philippe Ramette, Raphaël Minkkinen...



Liens pratiques
Thématique




Copyright © 2006 Nouvelle-Poesie.com  | 
Les Partenaires amis des auteurs de Nouvelle-Poesie.com |
SITE déclaré à la CNIL
Numéro de déclaration 1246324
 |
 |
 | 
Déclaration de guerre à l’art contemporain. - Nouvelles Littéraires - Texte