Au sein du panorama exhaustif de ce que les premiers critiques littéraires ont jugé bon de qualifier de figures de style, celle dont j’envie le plus l’habile usage, l’emploi subtil et maîtrisé n’est certainement pas la métaphore et son lot de références symboliques et d’interprétations, admises plutôt que réellement comprises, car elle a été tant exploitée qu’elle dévoile d’apparentes marques d’usure, certes évitables pour une bonne plume, mais dangereusement attractives ; cependant ce n’est pas non plus la parabole, ni l’oxymore, pas la litote, ni même l’interrogation rhétorique, bien que cette dernière éveille malgré tout une certaine tendresse en ma personne, non, la figure de style que j’apprécie au plus haut point, c’est celle que Proust usait avec une habilité déconcertante, pour ensuite s’exprimer de manière plus agressive, développée et évoluée, sous la plume de Claude Simon, entre autres si nombreux ; c’est-à-dire, la figure qui allie à la perfection les connecteurs et autres éléments de transition, afin d’éviter l’épidémie de points noirs, avec une délicate et subtile utilisations des signes de ponctuation, tels des échelons permettant au lecteur, qui s’aventure dans cet affluent de mots depuis déjà bien trop longtemps, car beaucoup de secondes sont passé depuis l’apparition de la dernière majuscule et son souvenir va en s’amenuisant ; échelons donc, qui permettent au récepteur de se reposer, de temps à autres, de son rôle provisoire de trapéziste de la phrase, entré bien malgré lui dans La bataille de Pharsale, avec ses airs d’équilibriste ivre, se dandinant et sautillant de virgule à point-virgule, voyant s’approcher à chaque bon un peu plus un tunnel de sortie sous la forme de deux points, pour en définitive, dans une dernière cabriole, exécuter une atterrissage digne du Savoir choir, de Raymond Devos et des meilleures écoles de cirques ; et finalement terminer sa course par un dernier saut à pieds joints sur le point final de cette archaïque et tangible figure de style : la période.