Elle se maudissait, cette soirée ne se terminerait donc jamais, alors qu'elle essayait encore de faire démarrer sa voiture. Elle tapa de son poing sur son volant.
A présent, voilà qu'elle était en panne de voiture, et qu'elle devait rentrer chez elle, à pieds. Elle ne pouvait pas remonter chez ses amis pour le leur dire. Ils penseraient qu'elle en ferait exprès et Clément ne se gênerait pas pour lui envoyer une vanne dont il avait le secret.
La jeune femme soupira devant la réalité, elle devait faire cinq kilomètres à pieds. Elle arriverait chez elle frigorifiée. Si elle arrive chez elle ! Songea-t-elle en remarquant qu'il n'y avait personne dans les rues, et que la nuit était bien noire. Il n'y avait même pas la lune pour éclairer un peu, uniquement ces lampadaires qui illuminaient à peine les rues, remarqua-t-elle en frissonnant.
Elle sortit de sa voiture tout en claquant la porte avec fureur, elle était énervée par cette soirée qui finissait plutôt mal.
- Un petit souci on dirait ? Fit une voix dans son dos.
Fabienne ferma les yeux, car elle venait de reconnaître la voix. Elle aurait voulu n'importe quelle personne mais pas celle-ci. Elle se retourna et rencontra le sourire moqueur de Clément.
- Elle ne veut pas démarrer…….je suis certaine que cela te fait plaisir !
- Je crois que je mentirais si je disais le contraire. Effectivement cela me fait plaisir de voir qu'une femme avec une voiture en panne, ne sait pas quoi faire ! Du coup elle a besoin d'un homme à sa rescousse.
- Je n'ai jamais demandé quoi que ce soit !
- Ah non ! Tu vas demander à une copine de t'aider sans doute ! Fit-il en lui prenant les clés des mains.
La jeune femme, le regarda monter dans sa voiture.
- Je ne crois pas que toi tu pourras faire quelque chose non plus ! Remarqua-t-elle, alors qu'il essayait de la faire démarrer.
- Tu serais étonnée de voir les choses que je sais faire avec mes mains ! Fit-il en sortant de la voiture.
- Tu vois je savais que tu ne pouvais rien faire ! Rétorqua-t-elle en l'observant alors qu'il posait ses yeux bleus sur elle. Tiens elle n'avait jamais remarqué que ses yeux étaient bleus !
- Je ne suis pas magicien non plus. Que veux-tu que je fasse devant une batterie à plat ?
- Ma batterie ? A plat ? Répéta-t-elle
- Oui, tu sais ce que c'est au moins une batterie ? Demanda-t-il avec ironie.
- Très drôle ! Remarqua Fabienne avec une grimace.
- Tu n'auras plus qu'à appeler un garage demain !
- C'est vraiment pas le moment…
- Tu devrais savoir que les pannes surviennent jamais au bon moment ! Remarqua-t-il.
Fabienne regarda le jeune homme, surprise de ce qu'il venait de lui dire. Pour une fois qu'il disait quelque chose de vrai, songea-t-elle.
- Bon ! j'ai ma minute de bon samaritain. Tu veux que je te raccompagne ?
La jeune femme sourit d'une telle invitation. Enfermée dans une voiture tous les deux ça risque de mal tournée, songea-t-elle.
- Je te remercie mais ça va aller.
- C'est comme tu veux, mais il y a très peu de taxi qui passe par ici, et à cette heure il n'y a plus de bus.
- J'ai encore mes pieds ! Remarqua la jeune femme.
Clément secoua la tête devant l'entêtement de cette personne.
- Tu préfères faire tous ces kilomètres à pieds pour ne pas te trouver avec moi dans la voiture ?
- Clément, c'est vraiment gentil de ta part, mais tu sais comme moi que nous risquons de nous entretuer, enfermés ainsi dans la voiture.
- Tu as certainement raison Fabienne, mais nous en avons pour cinq minutes, nous pouvons faire au moins un effort. Déjà que nous avons déçu nos hôtes ce soir !
- M'en parles pas, j'avais promis à Sophie de ne rien dire de désobligeant à ton égard !
- Et moi pareil avec Marc….et dire qu'ils avaient une superbe nouvelle à nous dire.
- Je m'en veux d'avoir gâché cette soirée, quand je pense qu'ils voulaient nous annoncer qu'ils allaient être parents.
- Oui je n'en revient pas…C'est quand même incroyable que dès que tu es dans une pièce je ne peux pas m'empêcher de dire de telles choses !
- Que veux-tu nous ne pouvons pas nous supporter ! Remarqua la jeune femme en haussant les épaules.
- Bon, tu ne veux toujours pas de mon offre. Dépêche-toi ma minute de bon samaritain est rallongée de quelques secondes.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée !
- Allez je te promets que je ne dirais rien de désobligeant !
- Pourquoi je ne te crois pas ? Demanda-t-elle en croisant les bras.
- Parce que nous sommes insupportables, sans aucun doute, remarqua-t-il en souriant.
Elle soupira car de toute manière elle n'avait pas le choix, elle ne se voyait pas faire cinq kilomètres à pied sous cette nuit glaciale.
- Bon alors d'accord, mais je suis certaine que nous allons nous entretuer.
- On verra bien ! Fit-il le sourire aux lèvres, tout en se dirigeant vers sa voiture.