L’attente
Il y a chaque matin une honteuse attente
Un sursaut dans le cœur, un frisson ridicule
Il y a cette obsession qui m’était étrangère
Des minutes qui s’enchaînent, lentes moqueries
Il y a le bout d’une chaussure impatiente
Battant, frappant, fouettent le sol rageusement
Il y a un regard fou traquant l’innocent, mais
La bête était trop belle pour l’être tout à fait
Il y a l’évanescence de ses pattes élancées
Son regard amusé qui désarme le mien
Il y a un chasseur qui meurt aux coups de l’absence
Car la bête est tueuse et ses griffes acérées
Il y a une odeur légère sur sa crinière
Lorsque le sauvageon se penche sur ma défaite
Il y a surtout cette haine, immense et furieuse
Envers ce que je suis et ce que je deviens
Il y a un autre moi, avide de sa joue
Guettant avec espoir le baiser du matin
KYUU