Je l'avais tout de suite remarqué en entrant dans le pièce carrelée de blanc. Il me faisait peur, mais en même temps, il m'attirait. Il avait des traits simples- plutôt carrés. Un tremblement presque imperceptible l'agitait. Je ne l'ai pas vu tout de suite, pour moi il était parfaitement immobile : il m'attendait.
Je le regardai quelques minutes, depuis le seuil de la porte. Je l'appelai doucement par son nom. Rien, pas de réponse, rien, rien ! Il avait l'air mal en point : un tuyau le reliait au mur, le faisait vivre.
je fis un pas vers lui- puis deux. Je posai ma main sur son front ; je retirai vivement ma main. il était brûlant ! "Tu as de la fièvre?" Il ne me répondait pas, il regardait dans le vide.
"Tu es malade, c'est sûr ! Tu es tout blanc... Répond-moi ! " Je paniquais. Je ne savais pas quoi faire. Devais-je appeler un médecin ? Il arriverait forcément trop tard, il me poserait des questions, je ne saurais que répondre... ça n'était pas une bonne idée. Je décidais d'abréger les souffrances de mon ami. Je le débranchais, puis m'assis par terre en sanglotant, la tête entre les mains. La pièce se rafraichit tout doucement.
Quelques minutes plus tard - des minutes longues comme des heures - ma mère entra tout doucement dans la pièce. Elle me vit ; elle se précipita vars moi : "Mais tu es folle, pourquoi l'avoir débranché ?! Tu vas attraper la mort, il fait un froid de canard ici !"
Elle rebrancha le radiateur, puis reparti comme elle était venue.