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larmestylo a publié ce texte le 15/11/2006 à 00:00:00 |
Les docteurs passent dans ma chambre, Sourire aux lèvres comme autrefois, Ils disent que ma famille doit attendre, Dans le couloir où il fait froid.
Prendre mon pouls et ma tension, Me recharger les perfusions, Sans dire tout haut que je suis piégée.
De ne pas voir mon crâne chauve, Ma sale mine et même ma pose Qui ne fait plus tellement vivant.
Du jeu vital, de mon perdant, Me dire doucement que j’ai bonne mine Puis m’envoyer à la machine.
Celle qui bouffe tout mon temps, Et puis qui m’crèvent les autres instants, Mais je sais bien que dans un an… Je n’ferais plus partie d’ce monde, Je n’verrais plus tourner les bras, De ma p’tite fille qui fait la ronde, Qui m’dit en pleurs « M’man ne pars pas , J’veux pas que tu rejoignes Papa, J’ai pas envie d’rester toute seule, Tu sais qu’la nuit j’ai encore peur Et puis j’ai tant besoin de toi. » Les docteurs viennent me parler, Ça l’air sérieux, presque mauvais, Je fais comme si mon inquiétude Etait devenue une habitude.
Mon vain chagrin inavoué Ils pensent bien que j’me débrouille Pour ne pas trop la perturber.
Mais c’est surtout qu’elle est petite, Elle a qu’cinq ans ma tendre fille, « Pars pas, Maman, je s’rais gentille ».
Irrémédiable, j’suis condamné A ne pas voir l’prochain automne, Son 6ème ans, la grande école.
Toutes les erreurs à ne pas faire Quand elle aura trois fois son âge Quand la vie sera un mystère. Quand je ferais plus partie d’ce monde, Quand j’verrais plus tourner les bras, De ma p’tite fille qui fait la ronde, Qui m’dit en pleurs « M’man ne pars pas, J’veux pas que tu rejoignes Papa, J’ai pas envie d’rester toute seule, Tu sais qu’la nuit j’ai encore peur Et puis j’ai tant besoin de toi ». Allez approche, ma gentille fille, Faut que j’te dise un grand secret, Je ne veux pas que tu sois triste Je ne veux pas te voir pleurer.
Je me fatigue et j’ai si mal, Un jour viendra je partirai Dans un endroit où j’serais caché.
Et même la nuit dans les étoiles Pour pas qu’t’es peur, pour pas qu’t’es froid Pour surveiller si t’es bien sage.
A remonté mes oreillers En me disant de n’pas m’soucier De cet étranger paradis…
Les a rangé dans son p’tit sac M’ a dit « Maman j’prendrais pas d’place, Dis s’il te plait tu peux m’emmener? ». Car si tu fais plus partie d’ce monde Si tu n’vois plus tourner mes bras, Quand je m’amuse à faire la ronde, Si tu préfères aller là-bas… J’veux moi aussi rejoindre Papa, J’ai pas envie d’rester toute seule, Je sais qu’t’es grande mais que t’as peur Et puis t’as tant besoin de moi… |
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