Lettre à l'enfant
Te l'as t-on dit ? La lune est morte
Quand vient la nuit derrière la porte.
Te l'as t-on dit ? Qu'être si seul
N'est pas le lit, mais le cercueil
Que tout fini de la mêm'sorte
Que c'est ainsi, que tout s'emporte.
Que nos bougies ne sont plus fortes
Quand c'est une vie que l'on porte.
Et tu avances,
Le coeur au bout des larmes
Avec silences
Pour seules armes.
Et tu avances
Avances.
Et reviennent, nos années bleues,
Chassant la peine de son mieux,
Que l'on enchaîne au coin des yeux
Quand seul saigne l'ultime adieu.
Tu te surprends même à sourire,
En repensant juste à son rire
Mais droit devant, tu vois le pire :
Quand ton enfant vient de mourir.
Et tu avances,
Le coeur au bout des larmes
Avec souffrances pour tout vacarme
Et tu avances, tout te désarmes
Seule son absence encore s'acharne!
Et tu avances
Sans comprendre
Tu avances.
En silence.
Et ce cercueil où tu l'étend
Est le recueil de tous ses ans
Comme une feuille dans le vent
Tombe le linceul sur l'enfant.
Il est des mots que voix refuse
Qui sont de trop devant l'écluse
Et les sanglots dont on abuse
Ne sont que des échos qui s'usent.
Et tu avances,
Le coeur au bout des larmes
Avec souffrances pour tout vacarme
Et tu avances, tout te désarmes
Seule son absence encore s'acharne!
Et tu avances
Sans comprendre
Tu avances.
En silence.
En repartant du cimetière
Y laissant toutes tes prières
Entends le vent qui sur la pierre
Glisse le chant de sa poussière.
Où hasarde le vent d'été
Tu regardes tout s'éloigner
Il tarde de vous retrouver
Car à sa garde tu t'es lié.
Et tu avances,
Le coeur au bout des larmes
Avec souffrances pour tout vacarme
Et tu avances, tout te désarmes
Seule son absence encore s'acharne!
Et tu avances
Sans comprendre
Tu avances.
En silence.
Et demain ne sait plus les voeux
Il sont partis dans nos adieux.
Texte et musique: Ice-Raphael