L'enfant
Assis, impassible, au bord de l'abyme,
Balançant des pieds, les mains sur le sol,
La tête levée au dôme qu'animent,
Les astres royaux mus en farandoles.
Des rêves scindent son candide esprit.
Des tourments l'épient, guettant par derrière,
Prêts à ressurgir au moindre soucis,
Traînant ses espoirs dans la boue, à terre.
Contemplant le monde errant à ses pieds,
Sûr de ne vouloir fouler la pénombre,
Il craint de braver la fatalité,
Espérant toujours se soustraire à l'Ombre.
Son ambition est de grimper au ciel
Et d'y accomplir tous les impossibles.
Mais cette illusion bien superficielle,
Se brise en fragments tant inaccessibles.
Innocent, naïf, il dresse sa main,
Désirant cueillir tout ce qu'il ignore.
Voulant cultiver de sages desseins,
Il esquisse un sourire sans remord :
Le sourire doux, d'un jeune naissant,
Plein de cette soif sans fin du savoir,
Un cri sans écho, que nulle n’entend
Puisque nos âmes s’engouent du pouvoir.