Dans les rues sombres de la cité, un mouvement nonchalant berce son habitude. Glissent en nombre, dans les vallées artificielles, les ombres étalées sous un ciel aux couleurs délavées par les espoirs en berne.
Battent le pavé les présents désenchantés dans le flux et reflux incessant les ballottant comme du menu fretin dans les vagues. Ceci sous un vol menaçant de sternes.
Ainsi, dans cet océan, de petits poissons en bancs, sous l’habillage des rivages les hébergeant, grandissent selon leurs espèces en se déplaçant en cernes.
Et tourne le manège de la vie autour de ces îles « privilèges » rendues attrayantes par les clowns et autres variétés qui, au rythme des lassantes marées, deviennent de plus en plus ternes.
Règnent dans les cieux ces oiseaux à l’œil malin qui nichent sur les hauteurs du site qu’ils blanchissent de leurs fioritures en caquetant avec leur progéniture sur le festin, sans cesse renouvelable, procuré par la faune sous marine que de là haut, ils discernent.
Et , à l’heure de la chasse, quand déjà tombent dans les serres, les plus faibles, certains en rémoras se collent aux squales tandis que d’autres rejoignent les profondeurs en proie au froid et aux pressions. Seule la survie les concerne.
Ainsi, dans une taverne, deux êtres assis sur les décombres de leur vie, écoutaient leurs ombres collées au mur, conter ce temps à la lueur d’une faible lanterne
Legrand le 21/01/2008