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Ma traversée
Quand les canons de mon cœur, se mettent à siffler
Et que mon haleine pleine de rhum me force à pisser
Je griffonne comme un forcené en manque d’insulte
Et le fait d’être vulgaire ne fais pas de moi un inculte
J’ai dérivé sur des tonneaux, sous le tonnerre et la pluie
Les phalanges agrippées sur le ponton, au gouffre de la nuit
Je reste le capitaine de ce rafiot sans boussole et sans rame
D’est en ouest et du nord au sud, des sanglots de mon âme
Les sapes imbibées par la sèche, et la liqueur
Et la gueule de bois à ce réveil qui m’écœure
Cette poésie baigne dans une mer de frénésie
Mes bouts d’peau ici et là, coincés entre deux récifs
Les déboires abandonnés sur la plage, sans corail ni passants
Je change le charbon de mes brûlures en or et en diamant
J’ai hissé la voile de mon enfer, en un seul battement de cil
Jetée par-dessus bord, ma lanterne servira d’escorte à mon exil
Abîmé par les femmes, mes doigts délaçant leurs bustiers
Elles m’ont floué dans les abîmes en bon flibustier
Séduis par le chant des sirènes, émanant l’infidélité de leurs vœux
J’demande une escale, pour défaire mes cordes et mes nœuds
En titubant sur la berge, je resterais ce corsaire bienséant
Et je repartirais à la nage après ma cuite, direction l’océan
Au bout du monde, je chercherais encore le cap, avec mon compas
Je prendrais le large aux vents mauvais, pour continuer ce combat