Il ne reste que vase au fond de l’encrier
La muse s’est enfuie et les rimes chancellent
L’hiver bloque les doigts, l’encre outremer se gèle
Les mots amers naufragent aux touches du clavier
Dans les vagues de l’âme, le cœur tire des bords
Sous les grains désolés, et le bonheur s’affale
Sur le pont des soupirs, au hasard des rafales
Et des brumes mouvantes escamotant le port
Quand le spleen est trop lourd pour la pauvre gabarre
Il faut prendre des ris et nouer les garcettes
Avant que ne s’affolent en grand vent de tempête
Les galernes d’hiver qui brisent les amarres.
Des écueils de l’amour qui navrent son voilier
Aux rivages dorés des trop belles Marquises
Le poète cabote une erre imprécise
Et chante barcarolle en brave gondolier
fm 10/01/08