Les lèvres bleues
Je te surprends câline aux bras de Morphée,
Douce agneline, inerte crinoline,
Je pose un souffle court sur ta main satinée
Guettant un battement au cœur de ta poitrine.
Sylphide et translucide, fine porcelaine,
Reine sereine en ton écrin d’ébène,
J’attends en peine, fiévreux et placide
Que s’ébranle ta quiétude morbide.
L’essence de tes parfums résiste magistrale,
Au bain d’encens et d’huiles cérémoniales,
Aux effluves d’assemblée lourdes et troublantes,
M’arrache les sens au réel qui me hante.
Les rayons chaleureux t’effleurent avec audace,
En perçant les vitraux de la grande rosace,
Une lumière m’envahit, silencieuse,
Quand je te vois fière, sourde et radieuse,
In utero poignardant mes entrailles,
Ignorant en mon cœur les fraîches entailles
De ton regard éteint, de tes paupières closes
A nos doux rêves, nos averses de roses.
Le soleil t’inonde, me glace, je me noie.
Au satin lisse et marbré de ta dernière peau,
A l’étrange froideur, l’inertie de ton baiser,
Je réalise ma soudaine et mortelle solitude.
AlteregO