Si tu savais ce que tu as remué en moi…
Moi l’éternelle douteuse, qui avait fini par me résigner à passer ma vie seule, à me contenter d’entendre les histoire des autres… Tu as débarqué du jour au lendemain, tu as chamboulé toutes mes résolutions, toutes mes résignations, par une unique phrase à laquelle je ne croyais pas. Toutes les questions que j’avais enfouies sont ressorties en bloc, envahissant mon esprit… L’amour n’est pas un jeu, le cœur n’est pas un jouet. C’est un objet fragile que l’on doit ménager.
Le mien est caché et il bat à regret, mais il est encore plein d’un espoir que j’avais refoulé.
Si tu savais ce que tu as déclenché en moi…
Un flot d’espérance, un flot de peur inexplicable. Toutes les oppositions que je peux apporter, tu dis que tu t’en moques. J’ai beau faire, les questions ne veulent pas s’en aller. Tu as beau dire, je ne peux m’empêcher de douter.
On ne s’est pas encore vu, et tu as pourtant l’air si sûr… Peut être as-tu raison, mais si jamais tu t’étais trompé ?
Si tu savais ce que tu as déterré du fin fond de mon cœur…
La peur me souffle un non violent au creux de l’oreille, tandis que j’entend de l’autre le chant lancinant de l’espoir m’inciter à dire oui… Mes pensées vagabondent, mais tu en es le centre.
« Que pensera-t-il lorsqu’il me verra ? »
Ah cette question, si je pouvais l’abattre ! Mais sans cesse elle revient à la charge, et sans cesse je la regarde.
La protection de mon cœur est sur le point de voler. Un bouclier d’acier que j’y avais posé, pour ne plus regretter ou envier, pour ne plus regarder ces couples heureux qui s’exhibent aux yeux de tous…
Ne joue pas avec mon cœur, s’il te plaît…