Ses mains parcourent les touches,
Des frissons parcourent ma peau…
Aucun son ne pourra sortir de ma bouche,
« Laisse-moi lui parler » me chuchote son piano
Clavier enchanté,
C’est sur ce piano que se sont penchées les fées
Le cœur bat plus vite, j’ai l’impression de courir,
Je me sens dériver, il m’emmène si loin…
L’inspiration lui vient
Et je ne respire déjà plus.
C’est un air que je n’ai jamais entendu
Mais dans ma tête, ce sont les mêmes souvenirs
Il me raconte une histoire,
Il me raconte un monde,
Que vos yeux ne savent pas voir,
Où la barrière des mots s’effondre
Il remplit d’invisible l’espace…
Un arpège se profile au diapason.
Ses doigts pleurent, ses doigts crient,
Il n’a jamais eu besoin de partition
… Un silence passe
Et puis… Il jette la clé de sol en l’air,
Je ne touche déjà plus terre.
Il m’a fait passer
De l’autre côté.
Je suis funambule sur la portée,
Je m’envole, à ses ailes accrochées
Je suis la note qui vient mourir
Dans un soupir
Pour renaître de ses deux mains
Qui semblent se fuir
Je suis l’amante vertueuse
D’un virtuose et d’une démente religieuse.
Il m’emmène si loin, je me sais démasquée,
Happée, doucement tyrannisée…
La musique est sa maîtresse, la musique est mon double,
Ménage à trois en accord majeur joue en do trouble
Je voudrais être lui,
Savoir remplacer les mots par des notes quand je ne veux pas parler.
Qu’il sache que je suis là où sa musique fuit…
Mais chuuut… Il s’est mis à chanter