Ma jeunesse, un ténébreux naufrage,
Ponctué de trop rares escales,
Quand le désespoir et la rage
Etaient aux fers, à fond de cale.
A ma dernière halte au mouillage,
Tu t’emparas des clés des carcans,
Mettant ainsi, un terme au pillage
De ma vie par ces deux trafiquants.
Des années d’opium et de rhum,
Tu fis disparaître les traces.
Bientôt, du forban, tu fis un homme,
Qui, au désespoir, fit rendre grâce.
Et si la mer est toujours étale,
L’eau toujours plus bleue à ton rivage,
C’est que tu restes à jamais le fanal,
qui me guide et m’évite tout ravage.
Pirate dérivant au long des jours,
Boucanier m’enfumant chaque nuit,
Je ne pouvais que trouver l’amour
Auprès de celle que j’aime aujourd’hui.