C'est trop difficile de se battre contre ce qu'on n'est pas
C'est trop difficile de se battre contre ce qu'on n'est pas
de se voir glisser tout doucement vers l'abstraction et le rêve
avec la peur de s'y dissoudre, de n'être plus rien
Tout est si soudain, tout se lance sur moi
les trottoirs se mélancolisent
ma volonté d'agir et de penser autrement
fragilise mon fonctionnement
Je vois mon reflet dans les vitrines;
il me renvoit mon image, qui lui rend son reflet,
sans interruption
Et pourquoi tant d'instants emportés par les yeux qu'on ferme
s'abandonnent à une âme amputée de se qui demande à naître:
ramener à la lumière un moment de soi-même
du trou noir de l'abscence où le temps tombe
mais quel bruit insupportable fait cette pièce vide sans musique!
mon coeur plein de brouillard donne à mes yeux fatigués
la faculté des larmes; j'hésite encore à m'en servir
j'hésite
encore
à m'en servir
et je donne à l'absence la forme d'un visage, d'un visage oblique et dispensé de regard