Ainsi parlait la névrose.
Les vers de terre s'accaparent mon esprit.
S'agitent et gesticulent dans ce gîte fou.
Et les voleurs qui n'ont ni trêve ni merci :
Ils me détruisent et jouent, ils m'arrachent les joues.
L'innocente chair dans une danse macabre,
Elle s'envoie en l'air en dévorant un sabre.
Dans le fond je suis fou, dans la boue je suis bon.
Sors moi de mon ignoble et terrible wagon.
J'en ai ma claque et je me claque,
Et je sombre dans la folie.
Claque le déclic et clique sur claque
Dans la vie et la lobotomie des envies.
Je marche sur la mer en cassant mon vélo,
Je nage dans les airs en riant du Chaos,
Les vers de terre moqueurs mangent mes neurones;
Ils m'emmènent, ils me ramènent sur mon trône.
Je suis le roi du cimetière,
Le petit roi du grand cercueil,
Je ne me nourris que de feuilles,
Je suis le roi des vers de terre.
L'homme en blanc me raccompagne jusqu'à mon lit,
Et mes gentils amis me regardent et sourient.
Une souris sourit à une autre souris,
Et les vers de terre engourdissent mon esprit.
Encor la sonnerie du téléphone mort :
Cendrillon doit passer prendre sa grande dose.
Le téléphone résonne et je me rendors:
L'homme en blouse blanche la prendra à sa pause.