Si je t’écris ce soir, c’est qu’une musique,
Que l’éther des substances éthyliques,
M’ont poussé ce soir au souvenir d’une vie.
En cet hiver fébrile, je t’aimais fortement,
Laissant cours aux errements
De ma main sur ton corps déroutant.
Enivré, inhibé, je baissais l’espace d’une nuit
La garde du respect de ta chair endormie
Faisant naître un amour condamné et trahi.
Mes lèvres sur les tiennes ont données à nos rêves
Le goût et le parfum, la douceur d’une trêve
Et dissipées nos peurs dans les embruns d’une grève.
En cette dernière nuit de ma vie pleine d’étoiles,
Je veux sur mon ignominie, enfin lever le voile,
Etouffer ce silence qui couvrit le scandale
Et rompre le mystère de ma fuite déloyale.
Assailli par les cris des espoirs que je trahis,
Je me livre à la toile de rancœurs que tu tisses.
Mais l’humeur noire et le mal qui m’envahissent
Sont bien moins que si vraiment tu m’as haï.
Ne pense pas un instant que je me plaigne,
Je te rejoins en espérant que tu ne me dédaignes.
Allongé dans ma flaque, je persiste et saigne.
Je signe cet amour de l’encre rouge où je baigne.
Mon dernier souffle tiède te lance un je t’aime
Entends le et pardonne à mon corps blême.
AlteregO