Causerie en solitaire
Le temps s’est assombri, il est triste à ma fenêtre.
Pas une goutte de pluie ne cogne les carreaux.
Mais les nuages lourds, pèsent sur ma tête.
Tu es là, à mon chevet, à l’affût de l’Instant
Qui me fera chavirer dans un trop lourd de peine,
Trop lourd d’attendre…
Comme si l’Instant peignait ton havre de paix…
Comme si me posséder te donnait nouvelle vie.
Nouvelle peau.
Les yeux cloués sur le mur, je te devine, je te sens.
Je ne veux pas te voir, ni même frôler ton sourire.
……
J’ai ton reflet au creux de mon hier
Il trempe mes souvenirs d’un parfum de fadeur,
Suinte ces larmes étouffées sous l’oreiller.
Tu as la couleur des calmes meurtris
Et l’odeur d’un conditionnel déchiré
Tu es tout sauf l’envie de t’avoir près de moi.
…..
L’Horloge affiche mes trente et un an.
De secondes en minutes,
Elle énonce un monologue
Relatant tous ces « si » , tous ces autrefois
Passant des « demain » irréels aux « hier » qui font mal.
Le tic tac résonne, tambourine
Tel un marteau piqueur martelant ma peau
Ciselant ma chair de sillons trop bien écrits,
Ces rides, compagnes, qui me parlent de toi.
Oui….
Je te devine, fière et si hautaine
Dans l’attente de l’Instant où mon cœur va sombrer
Dans ce trou noir aux eaux salés
Où seuls les sanglots sauront me repêcher.
…….
La pluie se fait désirer
C’est à croire qu’elle et toi avez signé un pacte
Comme glisser sur ma vie, la noyer d’un sombre gris
Pour qu’enfin tu sois là … me sauvant des eaux troubles…
Mais je ne te veux pas, je ne te veux plus !
Tu as beau me flatter et souffrir mes silences
J’ai laissé mes douleurs
Sur le quai d’une gare, dans un sac bien trop lourd
De tes yeux, de tes doigts.
J’ai perdu tes espoirs , tout ce que tu me confiais
En troquant mes souffrances contre un bout de vouloir.
Oui….
Je te devine, soupirant tous mes mots
Aspirant à la chute, celle qui fait si mal
Celle vécue jadis, quand je n’avais foi qu’en toi.
Mais, les yeux cloués aux murs,
C’est ton absence que je dessine.
…….
Tu peux rester si tu le souhaites,
Je m’en vais faire un tour dans mon miroir
Remettre un brin de sourire à mes lèvres
Et colorer mon cœur de « raisons ».
Y’aura bien un bout de bleu
A déposer sur mes paupières.
Et quand enfin je serai prête
La pluie pourra bien s’effondrer,
Et toi, ma solitude
Tu pourras toujours sourire,
Je vous peindrai tous mes rictus
En guise
D'Instant
De souvenirs.
Catielle