Mais oui, poète, elle reviendra
Un soir, se couler dans tes draps...
Que tu sois fauve ou capitaine
Elle s'est prise, pauvre phalène,
Aux chatoiements de tes aubades
A l'ivresse de tes sérénades.
Sans doute craint-elle, la pauvrette
D'être, entre tes dents, une alouette
Que l'on croque sans y penser
Avant des plats plus épicés.
Comme toi, elle est bien peu sageMais elle a peur que tes mirages
Ne soient qu'un bref itinéraire
Vers des amours imaginaires.
Tu lui offres folles kermesses
Elle attend un peu de tendresse.
Tu lui parles de déraison
N'a-t-elle pas compris trahison ?
Et les adages n'ont pas tort
On ne souffre pas quand on dort
Qu'elle soit chevrette ou caravelle,
Elle reviendra bientôt, ta belle !
Elle aime mieux être croquée
Qu'être rivée à son piquet
Elle aime mieux les abordages
Que dormir dans des marécages
Allez, enlève ton armure
Et à son oreille, murmure
Tous ces mots que tu dis si bien
Folie, brasier, festin...et viens!