Te souviens-tu, l’Amour, de la première fois,
Où, biche de seize ans, tu me choisis pour proie
Dans la douce tiédeur d’un beau soir de printemps ?
Ce fût piètre victoire, je n’étais qu’une enfant…
Je ne connaissais pas les règles de tes jeux
Je ne savais comment s’allumaient tous ces feux
Ces brasiers de printemps étaient tous feux de joie
Et je ne savais pas que tu blesses parfois…
Dis moi un peu, l’amour, pourquoi tu m’as suivi
Pas à pas de velours, tout au long de ma vie,
Ton carquois toujours prêt, et tes flèches dardées
Faisant mouche souvent sur mon cœur dénudé ?
Je t’ai revu souvent à l’affût dans mes bois
J’ai appris à te fuir, à te vaincre parfois,
Tu m’auras enseigné le bonheur d’être deux
Et la douleur cruelle cachée dans un adieu
Guetteur infatigable, petit chasseur sournois,
Te voilà donc encore ! Mais je n’ai plus d’effroi
Le temps m’étant compté, je ne prendrai, morveux !
Que les meilleurs moments que m’offriront tes jeux …