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Konick a publié ce texte le 12/12/2007 à 08:03:21 |
Un matin...
A l'aube ensoleillée d'un jour unique
Sur le chemin tortueux qui serpente vers moi-même,
Je tourne le dos à trente ans d'hier.
Trente ans d'un jour qui semble se répéter,
Immuable, lancinant
Où l'oiseau siffle à l'aurore toujours la même litanie
Où le loup hurle au crépuscule le même chant dèsespéré.
Une journée qui s'étend
Flaque d'huile quantique
Sèisme muet et inerte
Plongeon insane dans un bouillon de vide atone
Je cheminais vers ailleurs : cet autre Moi.
Cet autre lieu
Où les contours des choses se courbent et se mêlent, s'infusent et s'émeuvent
Sans tabous
Cet ailleurs fantasmé où je pénètre les songes
Eponge des sens à vifs de pauvres filles égarées
Alangui tel un Sha sur des mamelles gonflées,
Sur des ventres féconds
Coussin de chairs palpitants, aux fragrances séminales
Une dernière fois seulement pour me rappeler...
Ainsi j'abandonne la chair et sa puanteur abjecte
Son réconfort mensonger.
Je bois à présent des calices d'air
Je me soule du vide en croquant les briques du temps
Je nage, petite anguille, dans les rivières d'acier, les cieux bétonnés
Cet Ailleurs aujourd'hui c'est Ici demain
C'est au creux de ma main,
Celle là même qui me tire, me secoue
M'exhorte d'exploser
Car enfin j'explose ! Je me déchire !
J'éclate sans un son en paillettes argentées
La mue instantanée de l'humain qui s'éveille
La vie qui se consume, en une seconde, un siècle...
Je baille, je m'étire, je lèche goulûment mon placenta encore chaud
Je grignote maladroit, le narguilé mou et flasque qui obstrue mon nombril
Je ne m'éveille pas en fait, je renaîs
Je ne renaîs pas
Je nais
Je n'ai plus rien
J'ai oublié ma vie
Antèrieure
Paupières de silice, permèables, qu'avez vous vues avant ?
C'est gravé dans nos chairs mais la langue est obscure...
Hermétique
Je chemine vers moi même, encore
Mais la route est longue et mes pieds sont usés
Mes semelles -jadis de vent- sont cassées
Je me sens pénitent
Si j'avance, c'est en larmes
Si je cours, c'est en hurlant
– quelle idée de mettre des morceaux de verre sur la route !
Je pleure aussi de tristesse
Un peu
C'est parce que j'ai dû tout laisser...
Ce qui m'a fait, m'a construit, m'a cassé, m'a divertit
Tout
Même mon plasma, mes livres et mon wifi !
Je n'ai que trois bout d'étoffe et quelques poils revêches
Pour unique parure, pour seule compagnie.
Elle est longue la route vers moi-même...
Elle passe par un Ashram rêvé, perdu
Lumière, rocailles, sommets verdoyants déchirant un azur vierge
Mais que d'obstacles pour un corps
Qui craque et crisse
A chaque pas de plus
Pauvre petite coquille d'une âme, d'une pensée
Qui se dilate et se replie.
Je trébuche toujours et m'effondre, encore, me relève en pleurant
Mais je continue
Il est dur le chemin qui mène à moi-même
Tant de détours et d'aspérités
Tant de crasse à décaper, de pue à extirper à vif
J'avance vers la destinée – la mienne
Sans un souffle,
Taillant brouillards et fumées
Au coupe-coupe de l'espoir
Du besoin d'assouvir cette soif de sens,
Cette faim de vérité
Pourvu que j'ai la force
Pourvu que j'y crois
En moi
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Merci beaucoup pour ces commentaires :) et d'avoir pris la peine de m'accompagner un moment dans mes divagations existentielles (!) Ce poème est assez tortueux, et j'avais peur que l'on s'y perde un peu, désolé pour la forme d'ailleurs, mais en le "copiant-collant" je ne suis pas arrivé à lui rendre l'aspect aéré que je lui souhaitais (les espaces entre les strophes ont été mangé !) Je l'ai écris le jour de mes trente ans, il n'y a pas si longtemps, et ce fut comme une nécessité, une claque que je devais m'administrer pour combattre les angoisses de ce cap à passer :-D Pour ta remarque Naïve, sur "le chemin qui serpente vers moi-même", j'ai réfléchis et je pense que cette redondance tient du fait que ce chemin relève vraiment de mon intimité, et que je suis seul à pouvoir l'emprunter. "le chemin qui serpente vers moi", à mon avis amène également, à la connaissance de ce "moi", mais reste ouvert aux autres, un "moi" moins intime en somme, plus accessible. Bref tu vas te dire que je veux avoir le dernier mot, que je chipote et tu auras sans doute raison hi hi :-D --------------------------------------------------------- Au royaume des aveugles les myopes sont vaguement les rois -très vaguement ! :chanteur:
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