L’art d’aimer, je l’avais perdu,
Sans doute par volonté défaillante,
Meurtri par ces blessures trop saillantes,
Par cette âme fendue,
Fuyant ces plaisirs devenus défendus,
Au fond espérance ardente,
Enfouie sous ces douleurs latentes,
Lente déchéance d’un coeur perdu,
La pierre fut son refuge,
Sa prison de ciment,
Taisant tout sentiment,
La peine que les coupables purgent,
Car coupable je l’étais,
D’avoir laissé mon cœur sans protection,
Proie de si fortes agressions,
Sans intervenir, je l’ai laissé s’abimer.
Ainsi enfermée, la flamme manqua d’oxygène,
Le temps fuyant perdant de son ardeur,
Infime en devint sa lueur,
S’éteignit à l’instar de ma peine,
Puis vint l’indifférence, sans gêne,
S’installant confortablement,
M’assurant une existence sans tremblement,
Comme le ferait une habitude malsaine.
Là, comme pour réveiller un mort, tu es venu,
Là, dans ce désespérant confort, tu as vu,
Là, dans un extraordinaire effort, tu as vaincu,
De tout mon être, tu m’as convaincu.
Tu sais, l’armure est épaisse,
Mais ton courage l’est d’avantage,
Ton amour comme seul bagage,
Qui bien souvent, la joue me caresse.
Je crois en toi comme je n’ai jamais cru en personne,
Le travail est de longue haleine
Pour redonner à mon cœur une liberté pleine,
Qu’enfin la voix de l’amnistie résonne.
Tu as fendu la pierre, détruit les barrières,
Entrouvert une porte, dessiné le chemin,
Agit de sorte à changer le destin,
Comme un prêtre et ses prières, me montrant la lumière.
L’art d’aimer je l’ai retrouvé,
La route est encore longue mais j’ai pleine confiance,
Tu seras ma fontaine de jouvence,
Sans hésitation je te confie les clés,
Tu es la canne quand je suis l’aveugle,
Le berger quand je suis un mouton,
L’étoile qui m’indique la direction,
Je sais que je ne serais plus jamais seul,
Grâce à l’amour d’une femme, toi…