Mon histoire n’a rien d’extraordinaire,
Une vie banale en somme,
Il en existe tant de similaires,
De communs souvenirs que le temps assomme,
Mais ce récit c’est le mien,
Dont le seul mérite est d’être sincère,
Gravé à jamais sur les lignes de mes mains,
Dessinant demain par ce que fut hier,
Marqué au fer rouge faisant ce que je suis,
La chrysalide en devint papillon,
Un destin qui a mûrit l’esprit,
De l’enfant que j’étais, me forgeant la raison,
Une enfance heureuse, une fratrie soudée,
Une insouciance sans faille,
Des premiers matins baignés de volupté,
Comme le calme avant la tempête irrémédiable,
Détournant le paquebot de sa route,
Qui croisa l’iceberg trop inattendu,
Par la coque percée s’infiltra des torrents de doutes,
Qui le fit sombrer avec ses espérances déchues !
Le choque de ma première rencontre avec la maladie,
Une mère nommée bonnie désormais clyde ;
Dont le visage qui du blanc au noir s’assombrit,
Une mutation qui dans mon esprit mit le wy,
Je n’étais pas préparé, le ciel me tomba sur la tête,
Je ne pouvais comprendre cette réalité inconnue,
Comment réagir face à une fracture si nette,
Intronisant de ce fait une adolescence perdue,
L’alcool, je ne savais même pas ce que c’était,
J’ai du pourtant me confronter à ses ravages,
Apprendre à faire face pour ne pas sombrer,
M’accrocher comme j’ai pu aux persistants rivages,
De longues années se sont ainsi écoulées,
L’orage teinté quelques fois d’éclaircies,
J’ai tenté de reconstruire une vie écroulée,
Que me permettaient ces courtes accalmies.
Vint alors le temps des femmes,
Une particulièrement, douce et belle,
Première incendiaire de mon cœur en flamme,
Liberté conjuguée au conditionnel,
Candide et naïf, je lui aurais tout donné,
C’était ma vision de l’amour,
Celui que les films décrivaient,
Une offrande de soi sans détour,
Je lui ai offert mon cœur comme on offre une rose,
Dédié toutes mes pensées jusqu’à l’ultime,
Cédé tout ce que j’ai pu jusqu'à ma dernière prose,
Vidé mes poches trouées de ses derniers centimes,
Elle, me l’a bien rendu,
Pas de la façon que j’imaginais,
Moi qui croyais bien entendu,
Que rien ne pouvait nous opposer !
A ma rose elle préféra le chrysanthème,
Qu’elle jeta avec mes sentiments dans un cercueil,
Enterrant mes derniers espoirs par la même,
Promettant l’errance de mon âme en deuil,
Elle répondit à mes plumes par la pointe de son couteau,
Meurtrière de mes rêves,
Les éventrant d’une scrupuleuse précision,
Comme on vide un arbre de sa sève,
Si j’étais une dame j’aurais été blanche,
Car je n’étais plus,
Ce fut le coup de grâce pour un esprit qui flanche,
Inerte et abattu.