Je vous offre cette larme,
En guise de confession,
Ce dernier baiser infâme,
Je le dépose sur le goudron,
Je vous offre cette larme,
Car c’est tout ce qu’il me reste,
Spectateur de mon drame,
Mes dernières forces me délestent,
Il m’a pris au dépourvu,
a surgit de l’inconnu,
Le grand sommeil m’est apparu,
Au hasard de cette rue,
Pourtant je ne veux pas dormir,
Encore tant de choses m’émerveillent,
Laissez-les-moi, je vous en prie,
Je n’ai pas encore tout appris,
J’ai tellement de choses à faire,
De projet à accomplir,
Tellement d’amour à donner,
Et de bonheur à fournir,
Pourquoi cette ingratitude,
Je n’ai commis aucun crime,
Sinon celui de l’habitude,
De l’essentiel qu’il décime,
De cette oublie qu’il dessine,
Cette solitude qu’il destine,
De cette faute je m’en excuse,
Votre décision, je la récuse,
Et d’ici-bas, je vous accuse,
De fermer toutes vos écluses,
De me voler mon avenir,
Ces parfums que j’aime sentir,
Même jusqu’à mes souvenirs,
Pourquoi m’imposer ce martyr,
J’ai perdu l’odeur de ma mère,
N’entends plus la voix de mon père,
Délivrez-moi de ce calvaire,
Je veux revoir mes deux frères,
Les yeux plissés de ma chérie,
Et le sourire de mes amis,
Qu’il n’en soit pas ainsi,
A ma sœur, je n’ai pas tout dit,
Je vous offre cette larme,
Vous qui m’avez accompagné,
Aujourd’hui je me désarme,
C’est le moment d’avouer,
La tout habillé de peur,
Et des douleurs de mon corps,
Bien ternes faces à celles de mon cœur,
Qui pleure en vain son désaccord,
Je vous offre cette larme,
Elle est le secret de mon âme,
Prenez-en soin, je vous supplie,
Elle vous guérira de l’oubli,
Je vous dis ce dernier adieu,
Je prends le train pour les cieux,
Soutenez-moi de vos voeux,
Je n’suis pas prêt, bien malheureux.