A jérôme, ami poète disparu trop vite...
Que de larmes versées sur ta dépouille
Blanche telles les primes neiges des vierges cimes.
Que de proches éplorés sous l’insidieux
Châtiment que les cieux t’ont infligé.
Et moi, ami fidèle, frère secret,
J’observe ton profond silence,
Ta poitrine qui ne se lève plus.
Parmi toutes ces déchirures vivantes,
L’une d’elle, plus lumineuse, plus amoureuse,
Tend une main fine, blanchie par le chagrin,
Sur ton visage figé.
Sur tes lèvres sèches, teintées du violet de la mort,
Elle dépose un baiser, ultime douceur qui
Guidera tes pas dans la sphère éthérée.
Elle déverse sur ton visage, pauvre enfant,
Toute la souffrance d’un cœur prit dans les serres de la cruelle destinée ;
Ô tendre femme, te voilà brisée sur la grève du vivant,
Les dieux, monstres de férocité, ont arraché aux siècles des hommes
Ton noble prince, amant poète parti illuminer la myriade des constellations.