La folle sans camisole
Tapissée dans les ombres charnelles
Des sombres ruelles chimériques,
La douce folle sans camisole
Psalmodie des récits homériques.
Chantant les louanges des nuages,
De ses doigts fins, elle voudrait les toucher.
Les crever, puis s' aveugler du soleil
Des rivages de la mer asséchée.
Où pinaille la poésie des naufragés,
La folle voudrait se tisser des ailes
Au travers des voiles des épaves
Gisant tristement entre le mort corail.
Il n'y a plus de noble cavalier.
Il n'y a plus de conte à dessiner.
Seule une folle sans camisole,
Et des rivages que la mer
A doucement quittés.
Et crève les désirs des pèlerins,
Aux lointains sourires s'aventurant
A l'ornière des feux du Soleil!
Ces marginaux se sont brûlés les ailes...
Tombant aux pieds de la demoiselle,
Gente princesse devient-elle;
Elle anime une fenestrelle
Au sein de laquelle, elle les séduit.
Elle devient alors Reine des rivages,
Que la mer a doucement quittés.
Elle assujettit ses disciples
Devenus tristes visages enjôlés.
Nous ne voyons plus que des mains liées
Par sa réalité imaginée.
Nous ne voyons plus que cette folle
Régnant sans partage sur les rivages,
Que la mer a doucement quittés.
Nicolas Hamoneau