Un génie se promenait un jour à travers les systèmes de la galaxie d’Andromède. Il était passé à travers de rouges nébuleuses admirant leur éclat dense dans le chaos du vide et se délectait des saphirs empourprés de jeunes géantes en pleine croissance. Puis il se souvint qu’il avait oublié de rendre visite à la planète maudite comme il l’appelait. C’était une petite rocheuse qui gravitait dans un système assez ridicule autour d’une étoile assez pâle, dans la galaxie voisine. Il avait énormément de problèmes avec cette petite planète et il était obligé de la visiter très souvent pour s’assurer que ses habitants si singuliers n’allaient pas encore faire n’importe quoi. Ses supérieurs avaient failli s’étrangler quand il y a quelques révolutions de système il revint leur faire ce rapport : « l’espèce si particulière qui s’est développée sur la troisième planète de ce système commence à échapper aux règles naturelles : bouleversement des cycles, technologie talentueuse mais réalisée sans le moindre contrôle, plus de respect pour la biosphère, inquiétudes multiples.. ». Une espèce comme celle-ci, si douée mais si instable il ne fallait pas la laisser seule trop longtemps.
Ce qu’il vit lorsqu’il approcha des premières couches de l’atmosphère lui arracha un cri de douleur : les grandes tâches se multipliaient, en lieu et place des forêts dont il admirait la splendeur, des nuages épais voilaient le ciel. En eux des tâches épaisses comme des reliquats de décharges chimiques. Il s’approcha alors un peu plus.. Des déserts s’étaient formés là où il y a peu encore des villes majestueuses s’étendaient. Sur les continents plus de vie ni de monuments mais des montagnes et des lacs de déchets de toute sorte, déversés à même le vent. Les représentants de l’espèce se terraient fuyant le ciel où le soleil depuis longtemps avait été vaincu par un terrifiant voile de nuages. Ils avaient construits d’immenses tunnels, creusant toujours au plus profond de la terre, édifiant leur monde de nuit et de ténèbres. Depuis ils creusaient toujours avançant vers le noyau en quête d’énergie : Ils prenaient à la terre la dernière parcelle de vie.
Le génie ne put en voir davantage. Son cœur était brisé par ce désolant spectacle et il avait tant aimé cette espèce.
« tout est fini glissa t il entre ses larmes : ils ont été trop loin. Comment ont-ils pu cependant oublier le soleil ? Je les avais pourtant prévenu il y a longtemps mais les ombres de l’orgueil ont été les plus fortes. Comment s’appelaient ils déjà que nous puissions les pleurer ? les hommes je crois.. oui les hommes qui pour un temps ont réussi à illuminer l’univers des lumières de leur génie. Mais il faut croire que la flamme qui les animait a fini par les consumer entièrement. Je les avais pourtant prévenu lorsque en ce jour je les interpellais mais il faut croire que les seules collines dans leur froide solitude ont recueilli mes paroles.
-Je rêve leur avais je dit
Je rêve d’un jour où l’homme s’arrêtera de calculer et où il vivra
Je rêve d’un jour où l’homme s’arrêtera de s’activer et où il réfléchira
Je rêve d’un jour où l’homme pourra penser avec ses semblables et avec la terre
Je rêve d’un jour où l’homme ne voudra plus gagner mais donner
Je rêve d’un jour où l’homme acceptera le sacrifice
En ce jour ses œuvres resplendiront d’un tout nouvel éclat
Je rêve d’un jour où l’homme s’honorera d’être serviteur
Serviteur de son propre berceau
Je rêve d’un jour où l’homme apprendra à se mépriser
En ce jour il ne s’en élèvera que davantage
Je rêve humains car je connais votre valeur
Les temples que vous avez bâtis et la beauté qui coule de vos chants
Les montagnes que vous avez gravies comme les soleils qui ont germés
Alors voici, humains je vous offre trois questions : puisse leur écho vous éclairer
1 Qu’êtes vous ?
2 Que devez vous à la terre ?
3 Vers quoi vous dirigez vous ?
Mais tout ceci s’est révélé vain. Les ombres ont gagné la terre et visiblement le cœur de l’homme. Il me faut à présent regagner les célestes hauteurs vers les amas et les cercles concentriques des galaxies. Dans les infinités vides encore d’espace d’autres fleurs germeront peut être dans le silence de ce temps. Et des bergers comme moi viendront arroser et bénir ces jeunes pousses. Mais Les rayons de véga et les sourires des pléiades pleureront encore pour longtemps ceux qui avaient appris à chanter leur beauté.
Voilà je m’envole, les étoiles défilent. Le soleil n’est plus qu’une petite naine éclairant à peine l’horizon. Il se perd peu à peu dans les myriades des amas. Et le vide résonne de l’écho de ce rire sinistre, de ces paroles glacées et pourtant si joyeuses. Il y a longtemps les hommes frappés de stupeur tremblèrent et faillirent me bannir mais ils prirent le temps de me répondre :
1 « nous sommes l’espèce la plus intelligente qui ai jamais vu le jour sur terre et nous sommes la finalité de l’univers »
2 « Nous ne devons absolument rien à la terre : nous avons longtemps combattu cette terre qui nous offrait un environnement hostile »
3 « Nous nous dirigeons vers le métro »