Une jambe puis l’autre
Etre humain j’avance, apprend chaque jour, observe ce qui m’entoure, en arrive au point où j’observe même ma propre mutation, un éveil en fait, j’assimile le monde, ma planète… Un plateau d’échec sur lequel je peux devenir roi comme ne pas être... De près, c’est beaucoup moins simple, morale et instinct nuisent à l’éthique…
Exemples :
Un type insulte une femme au centre commercial pour une raison x, Ses bas instincts surgissent de son être instable, triste paranoïa sortie des ruines, où est l’équilibre ? Autour d’eux les regards se faufilent dans les rayonnages puis deviennent hostiles, un singe hors de sa cage, disent certains aigris voyant les vigiles courir en file indienne dix minutes après.
Une ombre observe une vieille poser une jambe puis l’autre et s’arrêter devant chaque poubelle pour y manger, une jeune roumaine, genoux à terre mendie quelques centimes au milieu des jambes pressées des passants, chaque jour qui passe. Etre transparent que la foule dépasse sans un regard ou presque et qui vit son état d’être humain assis.
Un homme, sans papiers somatise jusqu’à étouffement dans les couloirs du commissariat, face à lui, deux crs et un civil ricanent bêtement. Etres spirituels semblant privé de toute humanité tiennent le bâtiment. Même le médecin sourit, s’adresse à lui d’un ton ironique et blasé, lui demande d’ouvrir la bouche pour respirer.
Contrôle, police, dialogue avec des machines, bien ou mal comme seul valeur acquise exécutent les ordres tant bien que mal, identités fichées, type de consommation, hobbies, classés pour analyses. Cartes magnétiques et caméras nous suivent, figent l’espace temps d’un simple clic. Au dessus des villes, les hélicos s’invitent en vol stationnaire et jusqu’ici nous filment.
L’ordre s’installe petit à petit, nous berçant d’illusions d’optique, les modes de pensée s’uniformisent perdant tout sens critique, tous obligés de vivre dans un cercle qui revient sans cesse au même point. Des mises en abyme de nos routines s’immiscent mêmes dans nos rêves. Les médias, même l’art se négligent face à tant de conformisme, nous sommes tel des moutons qui nous laissons mener sans peine à l’abattoir, une jambe puis l’autre.
Maxime Teliam (octobre 2007)