Comme une fleur cueillie
Douce petite fleur, elle s'ouvrait à peine ;
Quatre fois seulement, elle vit le printemps ;
Sa vie était encor innocente et sereine,
Mais son ciel menacé par des vents si brûlants.
Ses parents, les amis se réjouissaient d'elle,
Jamais plus bel éclat n'avait empli leurs yeux ;
Ils ne connaissaient pas de musique plus belle
Que le bruit de ses pas ou son rire joyeux.
Mon Dieu, vous le saviez et vous l'avez reprise !
Comme elle a du lutter pour contrer la douleur,
Comme un frêle bourgeon qu'un vent d'orage brise.
Et vous avez cueilli cette petite fleur !
Notre cœur vous maudit, pleure mais doit se taire :
On prétend que là-haut, elle vivra bien mieux ;
Loin des maux, des soucis, des chagrins de la terre,
On nous dit qu'elle va renaître dans les cieux.
Il est dur d'accepter mais nous devons vous dire :
Consolez-nous, mon Dieu, offrez nous votre amour !
Dites-nous que les biens que votre main retire
S'ils nous étaient prêtés, ils reviendront un jour.
Baboo