La rupture
Je m’en souviens très bien, on était en Octobre,
Le temps était humide, avec un froid très vif,
Et pourtant ce matin là, je suis resté sobre,
Assis sur le sol au bord du trottoir, pensif.
Tu venais me crier au visage des mots,
Mais au début le ton était resté passif,
Puis tout à coup il était monté crescendo,
Jusqu’à rupture, au silence définitif.
Tu es partie en colère vers la pénombre
Avec des gestes plutôt significatifs,
Et j’ai compris de suite à ton air grave et sombre,
Que l’on était pas prêt de se voir de sitôt.
Et, ayant attendu un long moment dans l’ombre,
Alors triste, je suis reparti le coeur gros.
Gérard Bollon