Vains pantins d’une main inconnue de leur nue
Ils dessèchent et prient pour un peu d’avenir
Sur le sable, étalés, décédés le corps nu
Ils mendient le grand droit de meilleurs souvenirs
Délaissés sans regret pour le noir de leur peau
Ils se tuent à s’haïr pour le reste du monde
Ils meurent en essaim de silhouettes d’os
Leur sentence est la vie, mort en mille secondes
Et leurs yeux sans espoir, aux coulées disparues
Sont des vides remplis, où l’abysse est amour
Ils aimeraient sourire et fuir ces lieux perdus
Voir le ciel s’empourprer pour enfin croire au jour
Mais le jour est autrui qu’ils ne connaissent pas
C’est un jour idyllique exempt de toute faim.
Le salut est un rêve apparent au trépas
Le bonheur, accessible au début de la fin
L’agonie est un dogme une loi infaillible
Là où l’homme ne vit qu’en attendant sa mort
Génocides, misère, un peuple est une cible
Des cadavres juchés et personne n’a tort
Pourquoi meurent certains pour que d’autres jouissent
L’insensibilité pour seule religion
Maigres et vidés des squelettes s’enfouissent
Laïques société sucent en communion
Je ne veux qu’un plancher pas besoin d’un lit d’eau
Si mon frère affamé n’a de quoi espérer
Je veux qu’il puisse croire à un monde enfin beau
Au lieu de m’élever et ainsi l’enterrer
Il a droit à la foi d’une lueur en vue
Au demain qu’un devin voudrait bien lui donner
Un destin, une main descendue de sa nue
Un matin devenu étendue de rosée
Une larme versée
Mat