C’est comme la traversée d’un désert arideBrûlant. L’horizon flou de chaleur assèche
Les larmes. Un soleil blanc verse son acide
Dans les veines du voyageur sans calèche.
L’horloge égrène ses heures détachées du moi.
Dans ce fauteuil de skaï, je regarde ton visage
Pur, blanc. Dans tes yeux, je devine un peu d’effroi.
Je vois aussi la promesse d’enfants sages
Qui courent et crient dans un jardin de verdure
Fruits improbables de notre amour renoué.
Tu tiens ma main. Dans la bouche un goût de sciure.
Est-ce un mirage par la chimie engendré ?
Depuis ton retour, c’est comme si la maladie
Jalouse maîtresse de ce corps fatigué
Exigeait le paiement de son horrible prix
Et tentait tout depuis lors pour nous séparer.
Elle a déjà perdu, mais elle ne le sait pas
Encore. Ma joue sur ton épaule posée,
J’emplis mes poumons de ton parfum magnolia.
Tes cheveux frôlent mon front comme un doux baiser.
Qu’importe l’épreuve du lendemain lointain
Quand tu m’aimes ? Je souris à la promesse
De ta présence à mes côtés. Je suis serein.
Mon coeur bat. Tu tiens ma main. Douce caresse.