L'écume s'étend sur mon corps insensible
Septentrion ce soir a rappelé ses vents,
Récrié leurs assauts et calmé les passions.
Comme si des instants, attendait le suivant,
Et d’un air paisible s’en donnait possession.
Il aurait pu s’étendre une écume carmin,
Une ébauche dorée, un matin en approche,
Rien n’aurait chancelé, ni lointains, ni embruns.
Ta peau touchant la mienne est ma plus douce accroche.
Dans les volutes bleus de ton souffle fragile,
J'aurai voulu graver, sans encre et sans couleur,
Les chimères d’un songe, une extase infantile,
Tes paroles peut-être, embuées de chaleur.
Mais seraient-ce des larmes ?
Sur tes joues se dessine une courbe innocente
En des boucles ternies, lavées de transparence.
Tes regards sont vides et tes lèvres dolentes.
Tu as posé un lys, j’ai sentis ta présence.
Les volutes sont froids, j’ai glissé de ta peau,
Je n’ai rien pu graver, tout est déjà éteint.
Mes lèvres sont taries, en glace et en lambeaux,
Sous la lune assombrie par son plus beau déclin.
Mon linceul est de soie, c’est ta plus douce accroche,
Brodé de perles bleus sous ton souffle inaudible.
Un carmin s’y épanche au matin en approche
Et l’écume s’étend sur mon corps insensible…
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