Avec quelques plumes
pour unique parure,
Quelques feuilles que l’on fume
Pour oublier le futur,
Elle attend accroupie
Que le monde l’oublie.
Avec l’odeur des bêtes
Pour unique chemin,
Et la panthère qui guette
Près du feu qui s’éteint
Elle s’endort d’un œil
Sur son tapis de feuilles.
Femmes d’ailleurs,
Loin des regards trompeurs
Tu t’endors sans haine
Loin des villes modernes,
Sans tabou sans pudeur
Comme te vie, comme tu meurs,
Chante, chante encore,
Tu réchauffes mon corps.
Toi tu danses libre
Sans haine, sans bride,
Juste pour toi
Et tous les vents
Qui meurent chez moi,
Me parle de toi.
Visage tangent
Ni noir ni blanc,
Le corps en liesse,
Les nuits d’ivresse,
De Bornéo à Columbia
La forêt est à toi.
Et même si parfois
Te viens l’écho des cités,
Armé de mots et de croix
De bannières et d’acier,
Ne les écoute pas,
Fait celle qui ne sait pas,
Qui ne veux pas /…