Mon ange,
Tu es encore plus belle… Plus belle que ce que j’ai senti hier…
Et demain, et bien demain mon ange tu seras encore plus belle…
Je ne sais pas quoi dire, ce mot quand je l’utilise pour te décrire prend une valeur, une teneur, un sens complètement nouveau…
En fait, si je veux être correct, je ne dirai même pas ça…
Tu es Laure, c’est tout…
Quand je te regarde, je ne sais pas ce qui m’arrive… J’ai l’impression d’être sur un nuage, d’être porté, je ne sais où, ailleurs…
Quand je pense à toi, j’ai un sourire d’une débilité profonde qui se dessine en moi et qui s’échappe sur mes lèvres si je ne me contrôle pas d’une force crevante…
Quelle indicible douleur de ne pas te regarder à chaque instant, de ne pas t’écouter à chaque moment, de ne pas goûter à ton être à chaque souffle, de ne pas te sentir à chaque battement…
Atroce douleur mais si belle de sens, car elle cristallise mon élan vers toi, mon envie de toi, mon désir de toi…
Je sais, tu dois penser que je divague, tu dois te dire que je couche mes belles phrases comme je l’ai fait à des centaines et comme je le ferai à d’autres…
Crois moi, je le souhaite…
J’espère de tout mon cœur que tu est une envie passagère, un rêve éphémère, un songe temporaire, un désir qui naît, qui grandit et qui meurt dans la plus brève temporalité…
Jusque là, je suis bien loin du compte…
Je vis en pensant à toi, je respire en t’imaginant, je travaille en te regardant dans mon cœur et je dors en rêvant de toi…
Je pense à notre soirée, et je me dis que c’était l’erreur monumentale…
Le pas à ne pas franchir…
Le Rubicon…
T’embrasser, te parler librement, te couver des yeux, m’engueuler avec toi…
Pourrais-je vraiment décrire ce plaisir avec de mots bruts qui ne toucheraient jamais la subtilité de ce que j’ai ressenti ????
Tu vois, même un beau parleur comme moi trouve ses limites…
Et, mon ange, tu es ma limite à moi…
Tes yeux sont mon horizon, tes sourires sont mes marches, ton être est ma frontière…
Quand je pense que le serveur a dit que tu avais de beaux yeux… Affreux !
Tes yeux sont une flamme dans une perle dans une émeraude dans une améthyste et tout cela enrobé d’un charme incommensurable…
Une flamme qui brûle mon être dès que tu me frôles du regard…
Tu sais, mon ange, quand j’ai commencé cette lettre, je voulais te dire que j’arrêtais de t’écrire, de te dire ce que ressens, ce que je vois en toi…
Elle a mal tourné, je vois…
Ce n’est pas grave, je t’en écrirai une autre, et puis une autre, et encore une autre…
Jusqu’à ce que mon cœur arrête de battre Laure ou arrête de battre…