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Mots d'errance

Les oiseaux de glace

Article posté le samedi 28 juin 2008 15h 26min par LEGRAND


A l’heure où tous les chats sont gris, des mœurs, appâts à tous prix, là, s’exposent.

De beaux oiseaux diurnes, déréglés par des maux taciturnes se posent par défaut dans le contexte nocturne et osent.

Sous le regard vigilant d’un busard ils attendent dans un jeu de hasard, l’arrivée des rats des goûts qui, des gravats de leurs vices demanderont un service à la hauteur de… l’artifice. Ainsi ils causent.

Marchandage de tout âge venu du fond des âges, il en a vu des visages et ils sont légion ceux que la luxure arrose.

Mais qu’importe ! Dans cette voie sans issue, où les cloportes se voient sous les tissus, il reste pour cacher aux autres, un zeste d’ombre les sacrant apôtres et ils sont tout chose.

Ainsi confiants en eux-mêmes, ils rôdent en évaluant sous l’astre blême et marivaudent aux antipodes d’une réalité et l’oiseau dispose.

Dans le fourreau lisse, d’un geste mâle, leur arme, ils glissent dans un râle de délices. Qu’importe si leurs ongles sur l’étui crissent, ils recommencent…et encore ! Et encore !...En d’autres poses.

Les démons en eux martèlent, font sauter les gonds de leur « moi » et ils s’attèlent à chercher d’autres « moi » en enfonçant, défonçant les portes de leur labyrinthe vicieux dans des étreintes d’un corps aux sens mort…une chose !

D’un instinct animal, ils dépècent cannibales, cette pièce de choix en payant vaillant, une lente descente aux enfers alors que dans leur tête, le bien s’oppose.

Et ils crachent leur sève sur ou dans le rêve en éructant des mots sauvages sur les labours d’un paysage morose.

Ils se retirent ensuite victorieux d’un corps à corps en regardant leur champs de bataille qui silencieux repose.

D’un sillon, déborde le péché. Blanc et rouge, il s’élude. Pour eux, un interlude, pour l’oiseau, une habitude. Et ils recausent.

Au petit matin, les rongeurs malins se retirent. Les couleurs reviennent, les chats, les oiseaux, le monde changent de mœurs pendant que les rats sous les caniveaux demeurent et se morfondent dans leur gris en enviant le rose.

 

 

 

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